Utilisez-vous d'autres services de réseaux sociaux que Vox ?
Oui. Pour un blogueur qui se donne pour ambition de réfléchir en disant "non", qui se pose en s'opposant, c'est un peu limite comme réponse, j'en conviens... Le réseau social n'est pas une fin en soi, mais une dynamique de mise en relation qui n'a d'autre but que de promouvoir les domaines de prédilection d'un blogueur et de les mettre en rapport, en friction avec d'autres internautes qui partagent non pas le même point de vue, mais le même centre d'intérêt. Le réseau social est utile mais à mon sens encore trop basé sur le contenu, au détriment du ton.
Il est vrai qu'il m'est difficile de faire mon trou sur la toile car je picore. Mon écriture est transversale, pour reprendre un mot à la mode. Je n'élabore pas des chroniques sur des sujets en particuliers mais choisis des angles particuliers pour aborder tous les sujets. Vous me suivez? Quand je parle de difficulté à faire son nid, c'est simplement parce que beaucoup de blogueurs évoquent les mêmes sujets que moi. La seule chose qui change, c'est, j'insiste vraiment, le ton. Et il n'existe pas encore, à ma connaissance, de moteurs de recherche spécialisé dans les registres ou les genres d'écriture. Là, c'est le littéraire qui parle.
S'il est vrai que les réseaux sociaux m'aident à rencontrer un lectorat, parfois à le fidéliser, la rencontre "manuelle" reste la meilleure des solutions. Je chine sur Google, je rentre des mots clés et tombe sur quelques internautes qui me poussent à réfléchir, contredire, infléchir, modifier, amplifier ma pensée.
Paradoxalement, mon travail est celui de la nuance et du complément, alors même que je prétends être celui qui s'oppose. Paradoxal, une fois de plus. Disons que je m'oppose surtout à toute cette sphère du blog comme commerce qui se cache derrière l'apparence de la pensée.
Le blog n'est ni l'espace de la citoyenneté pour moi (la citoyenneté existe-t-elle d'ailleurs?) et encore moins celui de la consommation, si ce n'est pour la critiquer, la parodier, la contrecarrer.
Et pour le reste, il s'agit de dépasser son petit narcissisme et de résoudre cette énigme: on publie sur le blog seul dans l'intimité de sa chambre, de son bureau ou dans l'espace anonyme d'un cybercafé, mais c'est le monde entier qui vous voit et vous lit au moment où vous envoyer votre sauce.
Le réseau social permet au blog d'être un journal intime lisible par tout le monde. C'est dans l'ère du temps. Demandez à Sophie Calle ou à la Téléréalité!
Masterklaus
