Il est bien entendu possible de mettre son blog à jour depuis un quelconque cybercafé à l'autre bout du monde ce qui est une des caractéristique du bloguing: le nomadisme virtuel. N'importe quel voyageur est en mesure de transcrire son carnet de route en quasi direct depuis l'endroit où il se trouve. Pour ma part, lorsque je souhaite réellement couper les ponts avec l'informatique, je garde contact en différé; la programmation de notes à l'avance devient un moyen de communication efficace et permet de cibler son postage dans le temps et de prévoir certains événements en les analysant par anticipation. Pour cet été, j'ai choisi l'option vidéo: you tube ou dailymotion m'offre la possibilité d'injecter sur mon blog une vidéo par jour en les programmant à l'avance. Cet été, je propose aux internautes de revoir des extraits de films cultes que j'ai choisis parce qu'ils appartiennent à mes domaines de références, de découvrir des musiciens notamment dans le domaine de l'électro ou encore de revoir d'anciennes archives de l'INA. Je n'ai pas toujours l'occasion pendant l'année de me laisser aller à cette flânerie vidéophile car je souhaite surtout proposer du contenu écrit ou s'il y a vidéo, qu'elle s'accompagne d'une analyse pertinente.
Rester dans l'immédiateté, la proximité et le partage tout en se trouvant dans la distance géographique est le paradoxe que propose de résoudre le bloguing: c'est un mode de communication qui me convient.
Masterklaus pour Vox
Ma webréputation ne dépend pas uniquement des sujets que je traite, des photos que je diffuse, des articles que je publie. Elle dépend aussi de la rencontre entre les internautes et mon blog. Je constate qu'une bande d'abrutis essaie par tous les moyens de savoir de quoi est fait ma vie privée en tentant de rechercher sur Google et autres moteurs de recherche des détails croustillants: Masterklaus est-il bisexuel? Dors-t-il nu ou en caleçon? Est-il raciste? Il a suffi que j'inscrive une fois l'un de ces termes dans un article et dans un contexte particulier pour que le passionné des trous de serrure qui tape l'un de ces mots tombe sur un de mes articles en pensant trouver la perle rare des révélations pornographiques. C'est ce qu'on appelle les dérives linguistiques de la folksonomie. C'est une géographie particulière de la langue qui se régionalise dans le système à tête chercheuse du moteur de recherche.
Je tiens à dire que je ne répondrai pas aux questions débiles qui m'ont été posées, que je ne suis pas ici non plus pour traiter les sujets du bac français, ni pour défendre une quelconque pensée qui irait dans un courant plaisant pour lles gens bien élevés: je dis ce que je veux, ça s'appelle la libre expression, et je me moque de ce que les censeurs de la démocratie en penseront un jour s'ils accordent cinq minutes de leur temps à me lire.
Par ailleurs, le jour où je déciderai de m'exhiber devant une webcam, ce sera mon problème et moi qui le choisirai parce que le blog est égoïste, narcissique et ne tolère pas de se soumettre au désir de l'autre. Ca me correspond, bien que moultes personnes me croient dociles.
Je prpose donc aux multiples Marivaux du web qui surfent "à l'occasion" de se confronter un peu plus à la qualité des écrits de nombreux blogueurs plutôt que de chercher l'excitation qui correspond si bien à l'invasion du majoritaire dans notre société: le meilleur et le grand nombre ne font pas bon ménage.
Avis aux aristocrates libertaires.
Utilisez-vous d'autres services de réseaux sociaux que Vox ?
Oui. Pour un blogueur qui se donne pour ambition de réfléchir en disant "non", qui se pose en s'opposant, c'est un peu limite comme réponse, j'en conviens... Le réseau social n'est pas une fin en soi, mais une dynamique de mise en relation qui n'a d'autre but que de promouvoir les domaines de prédilection d'un blogueur et de les mettre en rapport, en friction avec d'autres internautes qui partagent non pas le même point de vue, mais le même centre d'intérêt. Le réseau social est utile mais à mon sens encore trop basé sur le contenu, au détriment du ton.
Il est vrai qu'il m'est difficile de faire mon trou sur la toile car je picore. Mon écriture est transversale, pour reprendre un mot à la mode. Je n'élabore pas des chroniques sur des sujets en particuliers mais choisis des angles particuliers pour aborder tous les sujets. Vous me suivez? Quand je parle de difficulté à faire son nid, c'est simplement parce que beaucoup de blogueurs évoquent les mêmes sujets que moi. La seule chose qui change, c'est, j'insiste vraiment, le ton. Et il n'existe pas encore, à ma connaissance, de moteurs de recherche spécialisé dans les registres ou les genres d'écriture. Là, c'est le littéraire qui parle.
S'il est vrai que les réseaux sociaux m'aident à rencontrer un lectorat, parfois à le fidéliser, la rencontre "manuelle" reste la meilleure des solutions. Je chine sur Google, je rentre des mots clés et tombe sur quelques internautes qui me poussent à réfléchir, contredire, infléchir, modifier, amplifier ma pensée.
Paradoxalement, mon travail est celui de la nuance et du complément, alors même que je prétends être celui qui s'oppose. Paradoxal, une fois de plus. Disons que je m'oppose surtout à toute cette sphère du blog comme commerce qui se cache derrière l'apparence de la pensée.
Le blog n'est ni l'espace de la citoyenneté pour moi (la citoyenneté existe-t-elle d'ailleurs?) et encore moins celui de la consommation, si ce n'est pour la critiquer, la parodier, la contrecarrer.
Et pour le reste, il s'agit de dépasser son petit narcissisme et de résoudre cette énigme: on publie sur le blog seul dans l'intimité de sa chambre, de son bureau ou dans l'espace anonyme d'un cybercafé, mais c'est le monde entier qui vous voit et vous lit au moment où vous envoyer votre sauce.
Le réseau social permet au blog d'être un journal intime lisible par tout le monde. C'est dans l'ère du temps. Demandez à Sophie Calle ou à la Téléréalité!
Masterklaus
